Mémoires de la Faculté des Géosciences et de l'Environnement

Cote: 902
Auteur: AGASSIZ Philippe
Année: Juin 2014
Titre: Diagnostic et prospective de la pratique de l'orpaillage au Sénégal oriental: Une illustration du secteur informel. Le cas du village de Tomboronkoto
Sous la direction de: Prof. Ronald Jaubert
Type: Mémoire de master en géographie
Pages: 69
Complément:
Mots-clés: Orpaillage / développement / Sénégal / durabilité / économie informelle
Résumé: Bien que situé sur un continent extrêmement riche en ressources naturelles, en comparaison le Sénégal n’en présente pas énormément. Cependant le pays possède tout de même un certain stock de ressources minières. Ces minerais sont inégalement répartis sur le territoire. Le Sénégal oriental se voit la région la mieux dotée en minerai. Ce travail s’intéresse à l’extraction de l’or dans la région de Kédougou. Cette région est située au Sénégal oriental et présente des quantités non négligeable d’or. Cependant ni la région ni le pays ne profite pleinement de cette ressource qui peut pourtant représenter un apport financier intéressant. De plus cette activité a des conséquences désastreuses sur l’environnement et de nombreux problèmes sociaux découlent également de l’orpaillage. L’étude de cas se focalise sur le village de Tomboronkoto, village de la région de Kédougou. La pratique de l’orpaillage actuelle ne rapporte que très peu d’argent à l’Etat car cette dernière, bien que réglementée, est pratiquée majoritairement de manière informelle. La quantité d’or de la région est parsemée sur une grande partie du territoire mais en relative faible concentration hormis quelques lieux où la concentration aurifère est localement importante. Cette répartition du minerai sur le territoire n’a pas intéressé beaucoup d’investisseurs industriels par le passé car un tel investissement demande une forte concentration aurifère or celle-ci semble souvent trop faible aux yeux des investisseurs étrangers. Sur plusieurs sites de prospection, les grandes entreprises privées n’ont pas souhaité s’implanter car les quantités de minerai précieux estimées dans le sol n’ont pas été celles escomptées. Cependant, de plus en plus d’investisseurs prospectent actuellement car en certains endroits, la concentration en or est suffisante pour une exploitation industrielle. Les nouvelles technologies de prospection font que plusieurs groupes industriels sondent dans la région de Kédougou, dont les quantités de minerai sont encore méconnues. L’absence d’une application stricte de la réglementation relative à l’exploitation minière mène en quelque sorte à un « pillage » du sol illégal mais longtemps toléré par les autorités et ayant des conséquences désastreuses. La situation actuelle attire beaucoup d’orpailleurs migrants qui sont issus de toute l’Afrique de l’Ouest. L’absence de respect des règles concernant le permis d’exploitation et des impôts sur l’or récolté fait qu’une très faible proportion des richesses du sol ne revient au Sénégal. Ce mémoire pose un regard sur la pratique de l’orpaillage dans le village de Tomboronkoto au Sénégal oriental. Cette activité s’exerce de manière informelle et avec des répercussions dramatiques tant sur l’environnement que sur le tissu social ainsi que sur l’économie régionale. Un diagnostic est établi afin de cerner les différents problèmes économiques, sociaux et environnementaux qui découlent de cette activité. Plusieurs scénarios sont étudiés quant à l’avenir de l’orpaillage. La formalisation par l’implantation d’une société minière, la formalisation par l’amélioration de l’orpaillage artisanal et enfin le statut quo. Ces différents scénarios sont discutés selon leur probabilité ainsi que les avantages et les inconvénients qu’ils entrainent et enfin sur qui ces avantages et ces inconvénients ont des répercussions.