Mémoires de la Faculté des Géosciences et de l'Environnement

Cote: 185
Auteur: LEU Jonathan
Année: Juin 2024
Titre: (Re)trouver le temps à l’heure de l’Anthropocène - essai critique de la conception temporelle et historique moderne.
Sous la direction de: Prof. Christian Arnsperger
Type: Mémoire de master en durabilité
Pages: 92
Complément:
Mots-clés: Anthropocène / essai / critique / conception temporelle / histoire / modernité / tout / Rancière / ethnocentrisme / aliénation / naturalisation / environnement / Rosa / institution / champ / autonomie / hétéronomie / norme sociale / imaginaire / technique / hubris / convivialité / communauté / holistique / hégémonie / domination / contre-hégémonie / simulacre / réel / hyperréel / modèles / économie / désencastrement / horloge / machine / industriel / standardisation / auto-alimentation / régime temporel / distanciation / cycles naturels / cycle / mythe du Progrès / emploi du temps / universalisme / matérialisme historique / différenciation / sciences / abstraction / passé / présent / avenir / temps historique / autonomisation / fragilité / contingence / pluralité / faisabilité de l’Histoire / mort / temps linéaire / temps cyclique / accélération / vitesse / oubli / productivité / décélération / régimes de temporalité / temps fictionnel / causalité / finalité / émancipation / nkali / philosophie amérindienne / interconnexion / cyclique / anthropocentrisme / relations / écoute / écoféminisme / reproduction / harmonie / care / démocratie / décentralisation / partage du sensible / performance / coexistence / patience / humilité
Résumé: Ce travail est un essai critique des conceptions temporelles modernes, qui impliquent le découpage en période de temps symétriques et standardisées (les heures), couplé à une vision linéaire de l’Histoire. En se basant sur une approche critique des techniques, des institutions, de la société hétéronome, de l’hégémonie dominante, des modèles de l’économie mainstream et des simulacres, ainsi qu’une approche conviviale et holistique, ce travail montre comment l’arrivée progressive de l’horloge à désencastré le temps du monde vécu et naturel pour le transformer en une ressource mesurable techniquement et liée à l’essor de la civilisation coloniale et industrielle. Sur le plan épistémologique, l’Histoire est également devenue linéaire en s’associant au mythe du Progrès pour établir une rupture le passé, le présent et le futur faisant fi des réalités sociales et environnementales, notamment en terme de coexistence et de pluralité des temporalités, mais également en terme de rapport au monde. Alors que ces problématiques sont au coeur de la distanciation entre l’humanité et son environnement, cet essai amène des perspectives alternatives amenant à considérer la contingence comme sens de l’histoire, ainsi que la coexistence entre le passé, le présent et le futur. En revenant au temps géologique, à des philosophies amérindiennes et africaines et à des perspectives artistiques, démocratiques et écoféministes, cet essai invite à considérer des temporalités alternatives et contemporaines au sein desquelles le soin accordé à l’environnement et à la communauté reste la nécessité première d’un point de vue holistique, de même que l’humilité nécessaire à l’humanité, loin de l’hubris de contrôle lié à la faisabilité de l’Histoire.