| Résumé: |
Les sols jouent un rôle central dans le fonctionnement des écosystèmes et la production alimentaire, mais demeurent souvent considérés comme des milieux inertes dans les sociétés agricoles industrialisées. Dans ce contexte, ce mémoire explore l'apport de l'écoacoustique à l'étude des sols viticoles en interrogeant la manière dont l'activité bioacoustique varie selon différents systèmes de production (production intégrée, biologique et biodynamique) et comment ces variations peuvent être interprétées à la lumière des pratiques et des représentations des responsables de culture. Sept domaines viticoles du canton de Neuchâtel ont fait l'objet d'enregistrements sonores souterrains analysés à l'aide de l'Acoustic Complexity Index (ACI), complétés par des entretiens semi-directifs. Les analyses quantitatives ne mettent pas en évidence de différences statistiquement significatives entre les trois pratiques viticoles, malgré une attente théorique d'une activité acoustique plus élevée en biodynamie. Les résultats suggèrent que l'activité bioacoustique des sols dépend d'une combinaison complexe de facteurs locaux, biologiques et microclimatiques, davantage que du seul mode de conduite des vignes. En revanche, les entretiens révèlent des différences marquées dans les manières de percevoir, de gérer et d'habiter les sols, particulièrement chez les responsables de domaines biologiques et biodynamiques. Au-delà de l'évaluation de l'ACI, cette recherche met en évidence l'intérêt de croiser approches quantitatives et qualitatives pour mieux comprendre les relations entre pratiques agricoles et sols vivants. Elle souligne également le potentiel des approches sensibles, notamment l'écoute des sols, pour renouveler à la fois les connaissances scientifiques et les relations entretenues avec le vivant. |