Institut de géographie et durabilité de l'Université de Lausanne
Projets de recherche
Prendre en compte les valeurs négatives de l'environnement pour promouvoir la biodiversité
| Lien permanent | https://igd.unil.ch/projet/fr/447 |
| Domaines de recherche |
Savoirs & techniques |
| Mot-clefs |
Valeurs négatives Valeurs environnementales Valeurs relationnelles Éthique Récits Textes littéraires Communication Analyse des parties prenantes Politique publique Culture Services écosystémiques Biodiversité |
| Financement | FNS PNR 82 : Biodiversité et services écosystémiques |
| Durée | Novembre 2025 - décembre 2029 |
| Site Web | https://data.snf.ch/grants/grant/234974 |
| Chercheur.e.s |
Salomon Cavin Joëlle (IGD UNIL) [web] [email] Deplazes Zemp Anna (Department of Molecular Life Sciences Ost Universität Zürich, Switzerland) Keller Claudia (Deutsches Seminar Universität Zürich) Wirth Thomas (WWF) Billeter Anna (WWF) |
La sensibilisation aux valeurs de la biodiversité, telle qu'envisagée par l'IPBES(2022), est essentielle pour renforcer les comportements écologiques nécessaires à la protection et à la restauration de la biodiversité. Cependant, la prise en compte des réactions humaines aux valeurs négatives associées à la nature sont également cruciales pour un avenir respectueux de la biodiversité, un aspect qui n'a reçu que peu d'attention jusqu'à présent. Pour de nombreuses acteur.ices, ces valeurs négatives suscitent des inquiétudes (par exemple, la venue de moustiques après la revitalisation d'une rivière), ce qui entrave les efforts de conservation. Les stratégies de conservation de la biodiversité doivent donc inclure des réponses appropriées aux valeurs négatives associées à l'environnement. Une discussion nuancée sur les « disvalues » permet également d'éviter la polarisation du discours environnemental en contrecarrant à la fois la diabolisation et l'idéalisation de la nature.
Notre projet s'attaque directement aux lacunes de la recherche sur les disvalues environnementales en explorant la manière dont les gens réagissent, peuvent et devraient réagir à ces valeurs négatives. Grâce à une approche transdisciplinaire de sciences humaines de l'environnement qui intègre l'analyse qualitative des acteurs, les études culturelles et littéraires, l'éthique environnementale et l'expérience pratique d'une ONG de conservation (WWF Suisse), nous visons à stimuler une réflexion et un discours plus nuancé d'aspect moins positifs de la nature.
Lors de la phase préparatoire de ce projet, nous avons identifié les « zones humides » comme un contexte thématique idéal pour étudier les « disvalues » environnementales. Ces écosystèmes riches en biodiversité sont souvent associés à des nuisances telles que l'infertilité des terres, les inondations, le brouillard et les moustiques, et véhiculent des connotations culturelles de danger, de morosité et de mélancolie. En outre, comme l'a directement observé le WWF Suisse, le castor, espèce des zones humides, est de plus en plus controversé dans les zones d'habitation humaine, ce qui signifie que les efforts du projet pour prévenir la polarisation seront d'une importance pratique directe dans ce contexte.
Ce projet a quatre objectifs principaux :
1. comprendre les disvalues environnementales des différents acteurs et leurs réponses dans le contexte des zones humides et du castor.
2. étudier les récits culturels et littéraires sur les zones humides qui traitent depuis longtemps des aspects négatifs de la nature, offrant ainsi un aperçu de la manière dont les sociétés ont historiquement répondu aux dévalorisations de la nature.
3. développer un cadre conceptuel pour penser les "environmental disvalues".
4. produire des outils pratiques basés sur l'expertise du WWF Suisse pour faciliter des discussions équilibrées et non polarisées au sein du grand public, de la communauté de la conservation et dans le cadre de la conception des politiques publiques en lien avec la biodiversité.
