IGD

Institut de géographie et durabilité de l'Université de Lausanne
Projets de recherche


Nouvelle recherche


Overtourism? Les villes comptent

Domaines de recherche Mondes urbains
Cultures et natures du tourisme
Mot-clefs Tourisme
Overtourism
Quantification
Big data
Statistiques
Financement Lead Agency (FNS)
Durée Septembre 2021 - août 2025
Site Web https://wp.unil.ch/overtourism
Chercheuses / Chercheurs Anduze Victor (Doctorant·e)
Bardet Fabrice (Co-requérant·e du projet)
Ceccato Davide (Doctorant·e)
Cussó Roser (Collaborateur·trice scientifique)
Favero Giovanni (Collaborateur·trice scientifique)
Geffroy Valérian (Collaborateur·trice scientifique) [web] [email]
Stock Mathis (Principal·e requérant·e du projet) [web] [email]

Dans le contexte actuel de la controverse du overtourism dans les villes européennes, polémique qui pourrait être exacerbée par le rôle de la mobilité humaine dans la crise sanitaire du Covid-19, l'argument du nombre est central. Cette controverse éclate avec l'émergence, à partir de 2015, de critiques, revendications et résistances des habitant·es de certaines villes européennes fortement touristiques à l'encontre du tourisme, s'opposant aux arguments et décisions de celles et ceux qui pensent que le tourisme est positif, voire nécessaire, notamment pour l'économie, devant être ouvertement renforcé et promu. Dans cette controverse, l'argument statistique est souvent mis en avant. Or, il se heurte à une certaine incapacité, dans les deux camps, de faire coïncider argument politique et argument statistique, dans un contexte où l'accroissement et l'hybridation des mobilités complexifient la lecture des chiffres du tourisme. Dans le même temps, de nouveaux dispositifs statistiques émergent, avec les données massives (big data) et les traces numériques ou téléphoniques, créant de nouveaux acteurs et de nouveaux services de la quantification. Avec la crise du Covid-19 où le tourisme se trouve momentanément arrêté, et où ses bénéfices comme ses nuisances se trouvent spectaculairement illustrées par leur disparition, on dispose d'un moment particulièrement propice pour étudier la manière dont l'argument statistique est utilisé pour débattre sur le overtourism.

Objectifs
1. Observer la manière dont l'argument statistique autour du tourisme est utilisé par les villes et par leurs citoyen·nes, que ce soit contre le overtourism ou en faveur du tourisme et de son développement.
2. Éprouver l'hypothèse de l'avènement de nouvelles formes de gouvernance touristique des villes (« smart cities » ou autres) lié au développement des big data.

Pour ce faire, nous étudions d'une part la production des chiffres mobilisés dans les controverses actuelles dans quatre villes européennes et, d'autre part, les usages politiques de l'argument statistique (pour la croissance du tourisme ? pour sa limitation voire sa décroissance ? contre le tourisme de masse ? contre certaines formes de tourisme ? comme levier électoral ?). Parmi les produits de ce travail, on aboutira à un inventaire inédit des sources de la production statistique sur le tourisme, utile à la connaissance du phénomène et qui pourra inspirer productrice·eurs et utilisatrice·eurs de ces chiffres.

Approche théorique et disciplinaire
Du point de vue théorique, deux disciplines sont convoquées : d'une part, la sociologie de la quantification qui étudie les conventions et pratiques de « mise en nombre » dans une épistémologie constructiviste et leurs dimensions politiques (Desrosières, 2014) ; d'autre part, la géographie qui construit les villes touristiques comme objet scientifique mais qui étudie aussi les controverses autour du overtourism à travers l'entrée spécifique de la pertinence territoriale de la quantification (quartier, échelle, extension, etc.).

Études de cas
- Villes européennes : Venise, Lucerne, Paris, Lyon
- Dispositifs statistiques nationaux : Italie, Suisse, France
- Organisations internationales : OMT, OCDE, Eurostat, Banque Mondiale, WTTC, ETC, etc.



Foule de touristes